Mon parcours
Derrière NOTDEAD, il y a un gamin de 14 ans, un bout de scotch plié en deux, une console introuvable — et une conviction héritée du Japon : rien n'est irréparable tant qu'on n'a pas prouvé le contraire.
- 14 ans Mon premier écran réparé L'écran cassé
- Bac+6 Excellence opérationnelle La méthode
- 6 mois Pour sauver une console Le déclic
- 5 piliers L'atelier qui en est né Aujourd'hui
Sept étapes, dans l'ordre. Tu peux aussi te poser sur l'une d'elles.
Un écran cassé et un bout de scotch
Comme beaucoup de réparateurs, tout commence par un écran cassé : celui de mon iPhone 6S Plus. J'ai 14 ans, pas de budget, et une envie simple : le remettre en vie moi-même. Je commande l'écran le moins cher que je trouve, je démonte, je remonte — et ça marche.
Quelques années plus tard, rebelote sur mon iPhone 11 Pro : batterie fatiguée, pas d'adhésif sous la main — un bout de scotch plié en deux fera l'affaire. Et pour l'écran, je remplace l'OLED d'origine par un Incell, bien moins cher. Ce téléphone-là, je le garde précieusement : il fonctionne encore aujourd'hui.
Un appareil mal réparé peut très bien fonctionner. Les compromis, eux, sont invisibles — sauf pour celui qui a réparé.
Personne, en prenant mon 11 Pro en main, ne devine ce qu'il a sous l'écran. Moi, je le sais. C'est exactement pour ça que la transparence est devenue le premier pilier de NOTDEAD : quand un compromis est possible, il t'est proposé, jamais caché. Redresser ou meuler légèrement un châssis abîmé plutôt que de le remplacer, par exemple : c'est moins cher, et je t'explique exactement ce que ça implique. À toi de choisir, en connaissance de cause.
Ce que ça a laissé · la transparence, premier pilier de l'atelier.
Créer, et maintenir en vie
Ensuite, je n'ai jamais vraiment arrêté. J'ai assemblé mon propre PC en choisissant chaque composant, je l'ai réparé à chaque panne, et les téléphones cassés des copains ont pris le chemin de ma chambre. Depuis tout petit, deux choses m'attirent : créer des choses, et les maintenir en fonctionnement. Tout ce qui a suivi découle de ces deux-là.
L'usine, la qualité et le KAIZEN
Côté études, je passe par l'industrie : Bac Pro puis BTS en alternance dans l'agroalimentaire. C'est là que je découvre la programmation — d'abord pour rendre service, en automatisant les fichiers Excel de mes collègues en VBA. Mes premiers outils « faits maison », déjà.
Je poursuis avec un Bac+4 en QHSE (Qualité, Hygiène, Sécurité, Environnement), toujours en alternance, où je gère la qualité d'un atelier de production d'une centaine de salariés. J'y croise deux personnes qui ont changé ma façon de travailler : un passionné d'amélioration continue, nourri de la culture japonaise de résolution de problèmes — le KAIZEN — et un mentor qui m'a appris le métier avec une rigueur et une justesse imparables.
Ne jamais dire qu'un problème est insoluble tant qu'on n'a pas prouvé qu'il n'a pas de solution. Ne jamais se contenter de l'à-peu-près.
Je termine par un Mastère Spécialisé en Excellence Opérationnelle (Bac+6), en alternance, où j'allie mes deux mondes — l'amélioration continue et la programmation — sur de gros projets au sein d'un groupe international. Sans le savoir, je remplissais la boîte à outils du futur atelier.
Ce que ça a laissé · l'amélioration continue, devenue une méthode de travail.
Les nuits d'usine
Diplôme en poche, je reviens dans ma ville natale, comme manager de nuit dans une entreprise familiale qui m'a accueilli comme un des leurs.
C'est là que la maintenance devient concrète : une machine qui lâche en pleine nuit, il faut diagnostiquer et réparer, maintenant. Des prises à refaire, des pièces à changer, des projets de bricolage pour améliorer le confort de l'équipe.
La théorie rencontrait le cambouis — et j'adorais ça.
Une Switch Pikachu introuvable
Puis vient le jour qui a tout fait basculer. Je veux offrir à un proche une Nintendo Switch édition limitée Pikachu. Introuvable : la plupart détruites, et des annonces trop belles pour être honnêtes.
J'aurais pu abandonner. À la place, j'achète plusieurs exemplaires en mauvais état — cartes mères brûlées, oxydées, coques en morceaux — et tout le matériel pour la réparer moi-même : microscope, station de soudure, fer… Puis des nuits entières à apprendre le métier. Aucun objectif de rentabilité, un nombre incalculable d'erreurs : juste une console à sauver, et l'interdiction de me dire que c'était impossible.
Et je ne me suis pas arrêté à la console. Pour progresser vite, j'ai acheté des lots entiers de cartes mères d'iPhone à réparer, juste pour m'entraîner : c'est l'exercice le plus difficile de la microsoudure — des composants minuscules, des cartes en deux étages, et aucun droit à l'erreur. S'entraîner sur le plus dur, c'est ce qui rend tout le reste simple.
Six mois de nuits pour une seule console. Sur le papier, un très mauvais calcul. En vrai, la meilleure décision de ma vie.
Au bout de six mois d'acharnement, elle a démarré — et fonctionnait parfaitement, sans bricolage apparent. Le cadeau a été offert. Le microscope, lui, n'a plus jamais quitté l'établi.
Ce que ça a laissé · la microsoudure, et le matériel qui va avec.
« Irréparable », vraiment ?
Le bouche-à-oreille a fait le reste. Des copains sont venus me voir avec des téléphones qui ne démarraient plus, diagnostiqués irréparables après plusieurs passages en atelier. Je les ai remis en route, souvent en peu de temps. En creusant, j'ai compris que le phénomène est courant — et que dans la majorité des cas, ces appareils sont parfaitement réparables.
Ce n'est pas une question de compétence : réparer la carte mère elle-même demande un microscope, une station de soudure et des centaines d'heures d'apprentissage — un investissement difficile à justifier pour la plupart des ateliers. Moi, je l'avais déjà fait. Par passion, sans calcul.
En repensant à ma Switch, le nom s'est imposé tout seul.
C'est le KAIZEN appliqué à ton appareil : il n'est pas mort tant qu'on n'a pas prouvé qu'il l'est.
Construire à mon image
À ce stade, j'avais accumulé une drôle de panoplie. Il ne restait qu'à tout assembler.
J'ai d'abord essayé les logiciels de gestion du marché. À chaque essai, quelque chose clochait. Et quand j'ai voulu brancher mes catalogues fournisseurs sur une IA pour chiffrer les réparations en direct, rien n'existait. Alors, éternel insatisfait, j'ai tout développé moi-même : ce site, l'assistant, le moteur de prix, le logiciel de gestion — fiches clients, devis, factures, signature à distance.
Même chose côté matériel : certaines machines du marché m'ont laissé sur ma faim — une presse à refermer les téléphones sans minuteur ni contrôle de température, par exemple. J'ai donc conçu la mienne, aujourd'hui à l'état de prototype, et d'autres équipements suivent.
Cette histoire, tu la retrouves condensée dans nos cinq piliers — la transparence, le prix juste, la microsoudure, l'amélioration continue, le fait-maison. Rien de tout ça n'est un argument marketing : c'est juste la suite logique.
Victor fondateur & réparateur · NOTDEAD, Feurs (42)
Ton appareil n'est peut-être pas mort
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